les autres pierres precieuses
Les autres pierres précieuses

Les autres pierres précieuses

Les autres pierres précieuses

L'appellation de pierre précieuse, officiellement abrogée par la législation de janvier 2002, est une dénomination historique qui s'applique en France aux quatre gemmes que sont le diamant, le saphir, le rubis et l'émeraude.


Les Rubis

Le rubis appartient à la famille minérale du corindon, à l’instar du saphir, et ces deux gemmes sont les plus dures après le diamant.

Dénomination et étymologie

La racine étymologique du mot « rubis » provient du latin « rubeus » qui signifie « rouge » ou « rougeâtre ».

Cependant, ce nom ne lui a été attribué de manière certaine et définitive que dans les années 1800 avec le développement de la gemmologie scientifique qui identifia le rubis comme appartenant à la famille minéralogique des corindons. Avant cette date, toutes les pierres rouges comme le rubis, le grenat pyrope et almandin ainsi que le spinelle étaient plus communément appelées « escarboucles ». De la même manière et durant l’Antiquité, les gemmes rouges, dont le rubis, étaient collectivement appelées « carbunculus » en latin, soit « petite braise rougeoyante », en référence à la couleur des pierres qui rappelait la lueur rouge big du charbon lorsque celui-ci se consume lentement. Ces deux amalgames peuvent créer des confusions dans certaines interprétations des écrits de différentes époques et civilisations.

Enfin, une des plus anciennes appellations du rubis est celle en langue sanscrite : « ratnaraj » dont une traduction serait « Roi des Joyaux », de « ratna » joyau et « Raj » royauté ou « rāja » roi. Ce mot reflète la symbolique et les mythes qui entourent le rubis tout au long de son histoire.

Couleur et caractéristiques

La couleur d’un rubis englobe toutes les nuances du rouge mais sa teinte la plus recherchée est un rouge franc avec une pointe de bleu, aussi dite « sang de pigeon ».

En ce qui concerne les autres caractéristiques physiques des rubis, la majorité des gemmes présente des inclusions de différentes natures : minéraux, canaux ou encore inclusions liquides. Cependant, loin d’être des imperfections qui dévaloriseraient la valeur pierre, comme c’est le cas pour le diamant, ces inclusions garantissent son authenticité et son origine naturelle puisque les rubis synthétiques n’en possèdent pas. La nature des inclusions permet en outre de déterminer le type de gisement duquel le rubis a été extrait.

Naturellement, de trop grandes ou trop nombreuses inclusions influent sur la couleur et l’aspect du rubis, ce qui déprécie généralement la valeur de la pierre à l’exception des inclusions de rutile qui valorisent le rubis. En effet, des inclusions d’aiguilles de rutile donnent au rubis, à l’instar des saphirs, des reflets doux appelés « soies ». Selon leur orientation au sein de la pierre, ces inclusions produisent soit une chatoyance, c’est-à-dire un phénomène lumineux rappelant la pupille fendue d'un œil de chat (le rubis est alors dit « œil-de-chat »), soit un effet d’astérisme, c’est-à-dire un phénomène lumineux qui forme une étoile ou une croix à la surface de la pierre (le rubis est alors dit « étoilé »).

Enfin, si quelques petites inclusions n’ont pas d’impact sur le prix du rubis, les fractures qui peuvent être présentes au sein de la pierre impactent sa durabilité et donc sa valeur.

Histoire, mythes et symbolique

Parmi les origines du rubis, deux sont à retenir à travers l’Histoire : le Sri Lanka et le Myammar (ou Birmanie).
En effet, les mines du Myanmar sont particulièrement connues, en particulier celles de la Vallée de Mogok. On y extrayait des rubis il y a 3 500 ans et si les gisements de la vallée sont aujourd’hui épuisés, certains des plus beaux rubis « Sang de Pigeon » du monde y ont été extraits.

De même, le Sri Lanka est l’une des sources les plus anciennes de la gemme avec des témoignages d’extractions remontant à plus de 2 500 ans. Ces rubis étaient connus des Grecs et des Romains dès le Vème siècle avant J.C.

Réputé pour être le roi des joyaux, « ratnaraj » en sanskrit, le rubis fut longtemps la pierre la plus précieuse, avant même le diamant. Chaque culture lui attribua des vertus et pouvoir différents comme l’invincibilité pour les Birmans ou encore la paix, la santé et la longévité pour les Indiens qui voyaient dans le rubis un feu intérieur éternel. Les romains l’associaient à Mars, et la Chine à l’amour en raison de sa couleur.

Dans le monde occidental au Moyen Âge, on attribuait au rubis une garanti de richesse, de santé, de sagesse et de succès amoureux, ce qui explique sa présence sur de nombreuses couronnes royales. On lui prêtait de plus une inclinaison prophétique puisqu’il était censé s’assombrir avant une catastrophe, tel un mauvais présage.

En outre, le rubis avait une importance particulière pour les diverses religions du monde qui voyait en eux un sang sacré : celui de la Terre Mère pour les Birmans ou encore du Christ pour la tradition chrétienne qui sacralisait de plus le rubis comme « la plus précieuse des douze pierres créées par Dieu ».

Aujourd’hui, la pierre est synonyme de courage, d’amour passionné, de vitalité, de modestie, de charité, de de loyauté et de compassion mais aussi de pouvoir, richesse et de réussite. Elle symbolise les naissances du mois de Juillet et les 35 ans de mariage.

Les gisements dans le Monde

Les rubis sont extraits à 90% des mines du Myammar.
Ils peuvent aussi provenir du Mozambique ou du Sri Lanka pour les mines les plus importantes.
Cependant, on peut aussi recenser d’autres pays d’extraction comme l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, le Viet Nam, la Thaïlande, le Cambodge, le Kenya, le Malawi, Madagascar, la Tanzanie ou encore l’Australie.

Les gisements de rubis dans le monde

Les traitements du rubis

Traitement thermique

Les rubis les plus recherchés sont de couleur rouge vif et sont transparents. Cependant, ces rubis sont rares car les gemmes brutes sont en très grande majorité roses et opaques.

Afin d’améliorer l’aspect et la couleur de la pierre, il est possible de la chauffer afin de non seulement recristalliser les espace vides laissés par la dissolution des inclusions de rutile à la chaleur, mais aussi de valoriser la couleur qui gagne alors en intensité. Ce traitement thermique consiste à placer les rubis encore bruts dans des fours et de les porter à une température avoisinant les 1 300 degrés Celsius. Aucun rubis ainsi traité ne peut être « étoilé » ou encore « œil-de-chat » puisque le rutile que la chauffe fait disparaître est à l’origine de ces phénomènes lumineux.

Le rubis obtenu est toujours considéré comme « naturel » mais sa valeur décroit, c’est pourquoi l’utilisation de cette technique doit être précisée et indiquée sur le certificat gemmologique de la pierre.

Le traitement thermochimique de diffusion aussi dit traitement par diffusion

Cette méthode consiste à chauffer la pierre à très haute température dans un four tout en l’exposant à certains produits chimiques.

L’interaction entre la chaleur, la gemme et les produits chimiques va provoquer un changement de couleur qui sera plus ou moins superficiel selon la durée du traitement : le composé chimique agit rapidement sur la surface de la pierre avant de se diffuser progressivement à l’intérieur grâce à la chauffe. On parlera alors de diffusions de surface pour des traitements courts, ou de diffusions en profondeur (aussi dit « bulk diffusion » en anglais) pour des traitements plus longs.

Cependant, ce traitement est un procédé qui ne colore ou n'améliore la pierre que superficiellement : si la pierre est endommagée ou retaillée, la couleur originelle indésirable sera perceptible.
C’est pourquoi, même si les résultats de ce traitement sont spectaculaires, la valeur du rubis en est fortement dépréciée. L’utilisation de cette technique doit donc être précisée et indiquée sur le certificat gemmologique de la pierre.

Traitement à l’huile

Cette méthode, à l’origine développé pour les émeraudes, consiste à remplir de très légères fractures présentent dans la pierre par de l’huile afin de les rendre invisibles. Cependant, et contrairement à l’émeraude, la présence d’huile dans un rubis impacte fortement le prix de ce dernier. C’est pourquoi l’utilisation de cette technique doit être précisée et indiquée sur le certificat gemmologique de la pierre.

Traitement par remplissage au verre au plomb.

Cette technique est, si ce n’est interdite, non-tolérée auprès des négociants aujourd’hui et consiste à remplir les fractures de la pierre avec du verre riche en plomb, ce qui améliore l’aspect de la gemme. Cette méthode, réalisée à très haute température, est indétectable à l’œil nu mais facilement identifiable à la loupe pour un œil aguerri.
De plus, les rubis ainsi traités sont très sensibles aux hautes chaleurs et aux acides qui détériorent l’alliage utilisé. Il est illégal de vendre un rubis traité au verre au plomb en tant que « rubis » (qui est implicitement naturel).

Entretien du rubis

Il est possible de nettoyer son rubis à la vapeur ou aux ultrasons.
Cependant, les rubis dont les fractures, les lacunes ou encore les fissures ont été comblés sont plus fragiles et ils sont sensibles à la chaleur ; le nettoyage à la vapeur ou aux ultrason est alors déconseillé.

Les rubis célèbres

Le plus gros rubis de qualité gemme jamais extrait pesait 400 carats et provient du Myammar. Appelé rubis Maung Lin, il fut partagé en trois pierres : deux furent taillées tandis que la troisième resta brute.

Le rubis de la couronne bohémienne de saint Wenceslas est non facetté et de 250 carats environ. La couronne, réalisée en 1347 sous la commande de l’empereur romain Germanique Charles IV, est faite en or et contient un total de 19 saphirs, 44 spinelles, 30 émeraudes, 20 perles et 1 seul rubis, celui dont il est question ici. Elle est dédiée au patron des Tchèques, saint Venceslas (ou Wenceslas), d’où son nom, et elle n’était utilisée que lors des couronnements des rois de Bohême. Elle est aujourd’hui conservée dans un coffre à la cathédrale Saint-Guy de Prague et seule une réplique est exposée au public dans le château de Prague.

Le rubis Hixon, qui pèse 196,1 carat, est considéré comme le plus extraordinaire rubis brut au monde. Il fut donné au Musée d’Histoire Naturel de Los Angeles (Natural History Museum of Los Angeles) en 1978 par Frederick C. Hixon.

Le rubis Edward est le plus gros rubis taillé en facettes et pèse 167 carats. Il se trouve au Musée d’Histoire Naturelle de Londres (British Museum of Natural History).

Le rubis étoilé Rosser Reeves aussi dit rubis Reeves est un des plus grands et un des plus beaux rubis étoilés au monde. Provenant du Sri Lanka, il pèse 138,7 carats et doit son nom à Rosser Reeves, un publicitaire américain qui fut le pionnier des publicités à la télévision. Ce dernier le donna en 1965 au Smithsonian Institution de Washington où il est encore exposé aujourd’hui.

Le rubis étoilé De Long d’exactement 100 carat qui est exposé au Musée d’Histoire Naturelle de New York (American Museum of Natural History).

Le Rubis de la Paix qui est ainsi nommé en raison de la date de sa découverte : le 30 juin 1919 soit deux jours après la signature du traité de Versailles. Pesant 43 carats, ce rubis sang de pigeon est inestimable et est exposé au Musée d’Histoire Naturelle de New-York.