Les pierres organiques
Les pierres organiques

Les pierres organiques

Les perles


Les perles sont ce qu’on appelle des « pierres organiques » puisqu’elles sont produites par des animaux (mollusque bivalves pour être précis) et non par des phénomènes géologiques. On différencie de plus les perles naturelles, dites fines, des perles de culture.

Etymologie et dénominations

Si l’étymologie du mot « perle » a pu être attribuée au latin sphaerula, « petite sphère », en raison de leur forme sphérique ou encore au latin perna, « coquillage » qui renvoyait à une variété de mollusque qui la produit, l’origine du nom « perle » provient de l’argot des légions romaines pira ou pirla, terme qui était utilisé pour se moquer des « petites poires » suspendues aux oreilles des matrones de l’époque.

Les perles peuvent de plus avoir une origine géographique inclue dans leur dénomination comme les perles de Tahiti (traditionnellement connues pour être noires et avec orient) ou encore les perles d’Akoya, Japon (blanches et crème).

Les formes, tailles, couleurs et caractéristiques

Les perles sont formées dans les mollusques bivalves (à deux coquilles) suite à l’introduction d’un corps étranger (exemple : grains de sable) à l’intérieur des coquilles. Cet élément, irritant pour le mollusque, déclenche un mécanisme corporel de l’animal qui vise à recouvrir la cause de la gêne par de la nacre. Ainsi, le mollusque recouvre le noyau perturbateur par de multiples couches concentriques de nacre afin de minimiser l’irritation produite par sa présence.

Formes

Les perles étant formées par des couches de nacre concentriques autour d’un noyau irritant pour le corps du mollusque, la forme des perles est plus ou moins ronde.
Cependant, il est possible, selon l’environnement du mollusque qui la sécrète, la forme de l’élément introduit dans la coquille ainsi que l’emplacement de la greffe du corps étranger, que la forme finale de la perle varie.
En effet, la forme définitive de la perle dépend de l'emplacement dans l'huître du corps étranger originel : si celui-ci est libre dans le mollusque, la perle sera probablement ronde. Si le corps étranger est attaché ou proche de la paroi interne de la coquille, sa forme sera irrégulière.

Ainsi, les perles peuvent avoir différentes formes regroupées dans trois grandes catégories comme suit :

Les sphériques

De forme parfaitement rondes ou presque ronde, ces perles sont les plus recherchées. Ainsi, deux sous-catégories sont à observer :

  • Ronde (round)
    C’est la forme de la perle la plus recherchée : ronde, régulière et parfaitement sphérique.

  • Semi ronde (near-round)
    Ces perles sont presque rondes mais présentent une forme légèrement aplatie ou prolongée. Elles ne sont donc pas parfaitement sphériques mais on les inclue dans cette catégorie si le taux de variation de leur diamètre est compris entre 2 et 5%.

Les symétriques

Ces perles ne sont pas suffisamment rondes pour être dites sphériques. En revanche, leurs formes sont équilibrées et régulières ; si bien qu’en coupant une perle en deux, chaque moitié sera le miroir de l’autre.
Cinq sous-catégories sont à observer :

  • Bouton (button)

    Comme leur nom l’indique, ces perles sont visiblement aplaties et ressemble à des boutons. Elles ne sont recherchées que si elle sont régulière, symétrique et sans défaut de surface.

  • Ovale (oval)

    Idem, ces perles sont ovales : plus étroites aux extrémités et ventrues au centre.

  • Goutte ou poire (drop or pear)

    Ces perles sont en forme de goutte d’eau ou de poire (certains détaillant font une différence entre les deux). Elles peuvent être longues ou courtes selon les proportions et sont généralement utilisées pour les pendants d’oreilles et les pendentifs.

  • Tonneau

    Ces perles sont légèrement aplaties d’un côté et de l’autre de la perle de façon symétrique. Elles sont généralement enfilées sur de fils pour former des colliers ou des bracelets

  • Cerclée

    Les perles cerclées résultent d’une mauvaise rotation de la perle à l’intérieur du corps du mollusque. Elles présentent à leur surface des stries concentriques sous forme de bourrelet ou de sillon. Ces « cercles » sont répartis autour d’un axe de symétrie et offrent une plus grande palette de couleurs et de jeux de lumière aux perles, en plus d’une surface irrégulière.

Les Baroques

Ces perles ne sont ni sphériques, ni symétriques, et ont des formes plus abstraites.
Il existe trois sous-catégories de perles baroques :

  • Semi baroque (semi baroque) ou légèrement baroque

    Ces perles sont légèrement irrégulières et dissymétriques mais leurs formes se rapprochent fortement de celles des autres catégories (sphériques et symétriques). Dans le langage commercial, les perles dites semi-baroque sont aussi décrites comme perles cerclées.

  • Baroque

    Ces perles sont dissymétriques et irrégulières.

  • Les « Très Baroques » ou « Fish Tail » (queue de poisson en anglais).

    Les perles sont extrêmement déformées.

Les autres

Il existe trois autres types de perles qui sont tenues à part du système de classement par forme :

  • Keishi (Keishi)

    Ces perles sont particulières dans la mesure où elles n’ont pas de noyaux. De formes très abstraites, elles résultent soit d’un rejet de l’élément irritant après le début du processus de culture (et de ce fait la nacre s’accumule sur elle-même), soit de la formation de nacre à côté du noyau greffé (elle s’agglomère alors sans centre).
    Ces perles se dénomment aussi "pavots" ou "semences".

  • Mabé (mabe)

    Ces perles sont de forme hémisphérique (moitié « plates » et moitié arrondies) et sont des perles composites. En effet, la perle Mabé est à l’origine un dôme de nacre, par nature creux, qui s’est formé contre la paroi interne du coquillage. La cavité est ensuite remplie par de la résine et recouverte par une base de coquillage par l’homme.
    Ces perles étaient originairement produites par le mollusque nommé « Pteria Penguin », ou Mabé en Japonais, d’où son nom, mais aujourd’hui, elles sont aussi produites dans diverses huîtres du genre Pinctada.

  • Soufflure de perle

    Ces formations perlières ressemblant fortement aux perles baroques de par leurs formes très irrégulières, voire parfois multi lobées, mais elles ont la particularité de refermer du gaz dans leur nacre. Ces gaz résultent de la décomposition d'un organisme animal ou végétal précédemment introduit dans le chai de l'huître. Ces perles étaient très prisées durant le courant Art Nouveau ou pour orner les bijoux des années 1910-1920.

Taille et Poids

Dans le milieu de la joaillerie, il est plus courant de distinguer les perles par leur diamètre. Ce dernier s’exprime alors en millimètre et se mesure grâce à un instrument nommé « pied à coulisses » ou "Leveridge".

En revanche, il est aussi possible de peser les perles selon trois unités de mesure :

  • Le Carat : Unité de poids pour les gemmes, 1 carat équivaut à 0,2 gramme (soit 5 carats pour 1 gramme).

  • Le Grain : Unité de poids utilisée dans le commerce de la pierre fine (naturelle). 1 grain équivaut 0,053 grammes (soit 20 grains pour 1 gramme).

  • Le Momme et le Kan : Unités de poids japonaises traditionnellement utilisées dans le commerce de la perle. 1 momme équivaut à 3,75 grammes, à 18,75 carats et à 75 grains.

Couleurs

Les couleurs des perles sont très variées et dépendent de trois critères :

  • La couleur de la nacre sécrétée par le mollusque qui diffère d’une espèce à l’autre.

  • L’environnement du mollusque : les pigments contenus dans l'eau, la profondeur de celle-ci et sa salinité peuvent influer sur la couleur de la nacre. Des études actuelles cherchent à déterminer si une alimentation dirigée des mollusques pourrait permettre d’améliorer les résultats de la pigmentation perlière en matière de couleurs.

  • La couleur de l’implant qui peut être visible par transparence à travers la nacre.

Ainsi, on peut relever neuf teinte de perles facilement discernables : blanc, rose, crème, crème rosé, doré, vert, bleu, gris et noir.
Mais il possible d’observer des sous-nuances grises, vertes, brunes, bleues, jaunes et roses sur certaines perles, ce qui leur offre une personnalité particulière.

Caractéristiques

La valeur d’une perle est déterminée non seulement par sa forme, sa taille et sa couleur mais aussi par quatre autres variables : son orient, son lustre, sa surface et son épaisseur de nacre.

  • L’orient

    En complément de sa couleur, une perle peut également posséder un bel effet optique appelé « orient ».
    Celui-ci est l’éclat irisé et chatoyant de couleur « arc-en-ciel » qu’ont certaines perles et qui semble bouger lorsqu’on tourne la perle.
    Ce phénomène optique, aussi appelé iridescence, résulte d’une réfraction particulière de la lumière. En effet, cette dernière se décompose dans les couches internes de la matière perlière, ce qui entraîne non seulement la vision de ces couleurs arc-en-ciel semblant se déplacer à la surface de la perle mais aussi l’impression que de la lumière est émise par la perle.

  • Le lustre

    Le lustre d’une perle est son aptitude à réfléchir la lumière en surface ; plus le lustre est important, plus la qualité de la perle sera importante, et plus elle sera chère.
    Cette réflexion de la lumière est facilitée par une structure homogène de la perle, peu de défauts en surface et une belle épaisseur de nacre. (cf la surface de la perle et épaisseur de nacre)

  • La Surface de la perle

    Il est possible que la surface de la perle présente des défauts comme des trous, des aspérités, des éraflures ou encore des tâches.
    S’il est possible d’en éliminer ou d’en altérer certaines lors d’un perçage ou d’un sertissage, les perles les plus recherchées, et donc les plus chères, sont des perles sans aucun défaut de surface.
    En effet, moins la perle aura de défaut, plus son lustre sera important car la lumière se réfléchira de façon homogène sur l’ensemble de sa surface sans rencontrer d’« obstacles ».

  • L’épaisseur de nacre.

    Plus l’épaisseur de la nacre est importante, plus le temps de culture a été long et plus la perle sera grande (à noyau équivalent).
    De plus, une grande couche de nacre diminue la possibilité de voir la greffe au-travers, uniformisant ainsi sa couleur et permettant un lustre plus important. En effet, la nacre est par nature légèrement transparente et ne réfléchit bien la lumière qu’à partir d’une certaine épaisseur.
    Enfin, plus il y a de nacre accumulée, plus la perle sera « solide » (il est important de rappeler ici qu’une perle reste fragile et qu’il faut la manipuler avec précaution).
    C’est pourquoi une perle avec une grande couche de nacre sera plus chère qu’une perle avec une épaisseur de nacre moindre.


Perles fines VS perles de culture

Les perles résultent d’un micronoyau irritant qui se glisse à l’intérieur d’un mollusque bivalve et que ce dernier recouvre de nacre pour l’adoucir.
Ce phénomène est relativement rare et il est difficile de trouver le faible pourcentage de mollusques qui en développent à l’état naturel, c’est pourquoi les perles naturelles, aussi dites fines, sont aussi rares.
Afin de parer à cette variable imprévisible, l’homme a commencé cultiver les mollusques producteurs de perle. Ainsi, il interfère non seulement sur la localité des mollusques perliers mais aussi sur le processus de développement de la perle puisqu’il induit lui-même l’élément irritant entre les deux coquilles, garantissant ainsi la production d’une perle. Ce noyau ou greffon introduit est appelé « amorce » puisqu’il amorce le processus perlier.

Aujourd’hui, les perles de culture représentent la très grande majorité du marché et on peut retenir deux types de perles et donc deux types de culture :

  • Les perles d’eau de mer

    Ces perles proviennent principalement du Japon, de la Chine, des Côtes de Polynésie et des Côtes d'Australie.
    Leur culture s’organise autour d'importantes fermes dont les méthodes de culture perlière peuvent varier. Cependant, les mollusques sont généralement placés dans des paniers ou des cages en plastiques plongés de 2 à 6 mètres de profondeur et suspendus à des systèmes flottants en bambou et/ou en bois. Ces cages doivent être nettoyées plusieurs fois par an pour éviter les dépôts parasites trop importants comme les algues.
    Plus le noyau greffé est grand, plus le mollusque doit être âgé pour que la greffe prenne correctement. Cependant, l’âge moyen du mollusque lors d’une amorce est de trois ans. S’ensuit alors trois à quatre ans de culture pendant lesquels le mollusque reste immergé. A ce stade, l'épaisseur de la nacre est d'environ 0,8 à 1,2 millimètres. Après 7 ans, l'huître ne produit plus de nacre.

  • Les perles d’eau douce.

    Produites principalement au Japon, en Chine, en Ecosse, en Irlande, en France, en Autriche, en Allemagne et aux Etats Unis (dans le Mississipi), les perles d’eau douce sont cultivées à une profondeur de 1 à 2 mètres de profondeur et les mollusques qui les produisent ont une durée de vie de 13 ans environ.

    Il arrive que les perles soient extraites d’un mollusque pour être réinsérées dans un autre pour en améliorer la forme ou continuer le processus perlier. Certains mollusques peuvent être inséminés jusqu'à trois fois.
    Ce type de culture produit d’excellent résultats en terme de rondeur et de qualité. De plus, elle offre une palette de couleur qui rappellent les perles fines d’antan : blanc-rosé, orange, jaune-doré, rose-violet, bleu, brun…

Principales variétés de perles de culture

Les perles AKOYA

Ces perles proviennent principalement de Chine, de Corée et du Japon mais on peut aussi en trouver plus généralement en Asie du Sud-Est, dans la mer indopacifique, en Mer Rouge, dans le Golfe Persique, en Méditerranée, autour de l'Afrique du Sud et aux Caraïbes.

Avec une couleur dominante qui est le blanc crème avec des reflets rosées ou verts, ces perles sont produites par le mollusque nommé Pinctada Fucata Martensi (ou « Akoya » en Japonais, d’où le nom des perles) qui mesure environ 7 cm de diamètre.

Le temps de culture est de 1 à 2 ans pour des perles de 2,5 à 10,5 millimètres de diamètre. Leurs formes sont de plus généralement rondes, semi rondes ou baroques. Au-delà de 9 mm, elles sont considérées comme très rares.

Les perles claires des MERS DU SUD

Ces perles proviennent principalement d'Australie, d'Indonésie, des Philippines et de Birmanie et sont de couleur blanche avec des reflets argentés, rosés ou dorés ; les perles blanches sans nuance de couleur sont les plus prisées sur le marché perlier actuel.

Elles sont produites par une espèce de mollusque nommé Pinctada Maxima qui mesure entre 25 et 35 cm de diamètre, et ce pour un temps de culture de 18 à 24 mois.

Les perles ainsi obtenues mesurent entre 9 à 20 millimètres de diamètre et peuvent être de formes rondes, semi rondes, boutons, poires, baroques ou cerclées. Au-delà de 17 mm, elles sont considérées comme très rares.

Les perles foncées des MERS DU SUD

Ces perles proviennent de la région de Tahiti, de l'Archipel des Tuamotu, des Gambiers et de l'île de Cook et sont de couleur à dominante grise (gris clair, gris perle, gris moyen, gris foncé). Cependant, elles ont parfois une couleur supplémentaire (reflet ou nuance due à l’irisation de la perle) comme le rose, le vert, le jaune, le rouge ou plus rarement le bleu.

C’est ainsi que plusieurs dénominations commerciales leurs ont été attribuées afin de classifier approximativement les différentes nuances des perles des mers du sud :

  • Argent : gris à reflets argentés

  • Moon (lune): gris pâle

  • Aubergine : gris foncé à nuance rouge

  • Pistache : gris à nuance verte

  • Tilleul : gris clair à nuance verte

  • Paon : noir à nuance verte

  • Pigeon : gris à nuance violette

  • Cerise : noir à nuance violette

  • Champagne : gris à nuance jaune

  • Lavande : noir à nuance bleutée

  • Tahiti or : noir à reflets dorés

Elles sont produites par une espèce de mollusque nommé Pinctada Margaritifera qui mesure entre 12 et 20 cm de diamètre et ce pour un temps de culture d’environ 18 mois.

Les perles ainsi obtenues mesurent entre 8 à 20 millimètres de diamètre et peuvent être de formes rondes, semi rondes, boutons, poires, baroques ou cerclées. Au-delà de 16 mm, elles sont considérées comme très rares.

Les perles D'EAU DOUCE

Ces perles proviennent principalement de Chine ou du Japon et sont de couleur blanche (la plus prisée), crème, violine ou encore oranger.

Produites par le mollusque nommé Hyriopsis Chlegeli qui mesure de 10 à 30 cm de long, les perles d’eau douce, contrairement aux autres perles de culture, ne sont pas formées à partir d’un noyau solide mais à partir d’une amorce particulière : un bout de tissu épithélial, aussi appelé "manteau", prélevé sur une huître de la même espèce.

Le temps de culture est de 1 à 5 ans pour des perles de 2 à 10 millimètres de diamètre, voire jusqu’à 14 mm pour les perles les plus rares. Leurs formes sont de plus très variées : rondes, semi rondes, baroques, boutons, poires, bâtonnets, croix... etc.

Les perles ainsi obtenues peuvent aussi être appelées perles « Biwa » en référence au lac Biwa ou Biwako, à l’ouest du Japon, où furent cultivées les premières perles d’eau douce. En revanche, cette appellation n’est pas internationalement reconnue.

De la ferme aux bijoux

Une fois la période de culture achevée, les perliculteurs procèdent à ce qu’on appelle une « récolte » et extraient les perles de culture des mollusques pour ensuite les rincer à l’eau et les sécher dans la ferme.

S’ensuit alors une étape visant à faire disparaître les impuretés des perles. Pour ce faire, ces dernières sont placées dans un tambour auquel sont ajoutés des copeaux de bambous et de la cire liquide. C’est à ce stade que le lustre des perles apparaît.

Il est alors possible de blanchir ou de teindre certaines perles de culture pour en améliorer la couleur mais cette pratique en dévalorise très fortement la valeur.

Une fois les perles collectées et « lustrées », elles sont triées par taille, forme, couleur et qualité puis les appairages sont choisis afin de choisir quelles perles formeront des boucles d’oreilles, des colliers, des bagues …

En ce qui concerne les perles destinées à l’enfilage, pour des colliers ou des bracelets par exemple, elles sont non seulement choisies de façon harmonieuse mais aussi percées.
En effet, afin que les bijoux finaux soient harmonieux, il faut que les perles se ressemblent le plus possible. C’est pourquoi les perles de culture assorties sont percées puis immédiatement enfilées sur un rang pour conserver les perles ensemble.
L’étape de perçage, quant à elle, est délicate et primordiale car elle est définitive et que toute erreur dévalorise la perle. Le perçage peut en revanche permettre de valoriser certaines perles, soit en valorisant une forme, soit en faisant disparaître un petit défaut, alors remplacé par le trou.

Enfin, si le bijou définitif est une bague ou un bijou qui ne nécessite pas d'enfilage, la perle de culture n'est percée que d'un seul côté pour ensuite être collée sur une tige en métal. Le bijou est alors dit serti d'une perle de culture.

Chaque étape de fabrication du bijou correspond à un métier d'expert.

Evaluation des perles

La qualité et donc le prix d’une perle dépend de 6 critères : sa forme, sa taille, sa couleur, son lustre, sa surface et son épaisseur de nacre. De plus, une perle fine est exponentiellement plus chère qu’une perle de culture en raison de sa rareté.

Il existe deux systèmes pour évaluer la qualité d’une perle : le AAA-A et le A-D, aussi dit système de Tahiti.
Les perles sont ainsi classifiées selon leur lustre et leur surface, ces deux caractéristiques formant une grille d’appréciation du prix en fonction des autres critères cités plus haut (taille, forme, couleur et épaisseur de nacre)
Une perle ayant un lustre exceptionnel et aucune imperfection en surface est communément appelée « Top Gemme ».

LE SYSTEME AAA-A

Utilisé par le GIA ( Gemological Institute of America), ce système fait office de référence internationale et évalue les perles selon une échelle décroissante de AAA à A.

  • AA+ : La perle a un très beau lustre et ses défauts légers n’excèdent pas 15% de sa surface totale ; une petite imperfection profonde à la surface est tolérée.

  • AA : La perle a un très beau lustre et ses défauts légers n’excèdent pas 25% de sa surface totale ; une petite imperfection profonde à la surface est tolérée.

  • A+ : La perle a un lustre moyen et ses défauts légers n’excèdent pas 40% de sa surface totale ; ses imperfections profondes ne doivent pas dépasser 10% de sa surface.

  • A : La perle a un lustre faible et ses défauts n’excèdent pas 60% de sa surface totale ; ses imperfections profondes ne doivent pas dépasser 20% de sa surface.

LE SYSTEME A-D (ou système de TAHITI)

Utilisé par par les Services de Perliculture de Polynésie, ce système évalue les perles sur une échelle décroissante de A à D.

  • A : Correspond à la perle de la plus haute qualité avec un lustre élevé et de très légères imperfections n'excédant pas 10% de la surface totale de la perle.

  • B : La perle a un lustre élevé à moyen et ses imperfections sont légères et n’excèdent pas 30% de sa surface totale.

  • C : La perle a un lustre moyen et ses imperfections sont modérées et n’excèdent pas 60% de sa surface totale.

  • D : La perle a un lustre faible et on distingue deux cas en ce qui concerne ses imperfections : si elles sont plutôt légères, elles peuvent excéder 60% de la surface total ; si elles sont assez importantes et profondes, elles ne doivent pas excéder 50% de la surface totale.

Histoire

Le plus ancien témoignage de perle date de 2 206 avant J.C. avec les écrits d’un historien chinois.
C’est cependant en Perse que la perle trouve le plus tôt une importance particulière. Elle fût en effet incorporée dans les tenus et ornements d’apparat des Rois Perses selon la tradition selon laquelle le Roi doit porter trois rangées de perles sur sa tiare. Cette coutume fut adoptée par la suite dans le costume impérial de Constantin pendant l’époque romaine tardive.
C’est cependant probablement Alexandre Le Grand qui introduisit la perle dans le continent Occidental, et plus précisément en Grèce, après son expédition en Empire Perse.
La perle étant un objet de désir durant l’Antiquité, la pêche des huîtres perlières était une activité pratiquée en dépit des nombreux dangers relatés par les écrivains et conteurs de l’époque, avec notamment les récits de Pline ou d’Elien qui nous sont parvenus et qui relatent les aventures et dangers des pêcheurs, voire parfois leur mort.
Mais si on retrouve de nombreuses traces de l’existence des perles naturelles depuis l’antiquité, il faut attendre le XIIIe siècle et un chinois dénommé Ye-Jin-Jang pour les premiers essais de culture avec la découverte d’un moyen de produire artificiellement les perles en introduisant volontairement de petites impureté dans des coquillages sains. Selon les écrits, les chinois aimaient alors produire des petites figurines de Bouddha “plaquées” de nacre grâce à cette méthode.
La première culture de perle réussie est attribuée au japonais Kokichi Mikimoto en 1893. Cependant, les expériences réalisées par un naturaliste suédois Carl Von Linné précède ce succès avec la vente d’un brevet faisant foi de sa technique innovatrice en 1762. Ce document ne fut néanmoins pas exploité à l’époque et ne fut redécouvert qu'au XXème siècle à Londres.
Devant le succès commercial des perles de culture et la rareté des perles fines, les perles de cultures se démocratisèrent rapidement pour aujourd’hui dominer le marché de la perle.
Le plus souvent associée à la lune, l’eau et la femme, la perle s’est vue attribuée toutes sortes de symboliques et de pouvoirs au fil des époques et des régions.
Les civilisations orientales et hindoues lui prêtaient ainsi des propriétés aphrodisiaques, fécondantes et talismaniques. Elle était de plus dite avoir un pouvoir revigorant, même après la mort ; beaucoup de perles furent ainsi retrouvées dans les tombeaux des rois et nobles de ces régions.
En Perse, la perle avait un caractère noble et sacrée, d’où son incorporation dans les ornements royaux.
Chez les Grecs, la perle était l’emblème de l’amour et du mariage
Dans la tradition chrétienne, la perle fût associée à la naissance spirituelle du Christ dans le baptême du feu et les gnostiques lui attribue un grand pouvoir spirituel.
Aujourd’hui, la perle symbolise la sensibilité, la grâce, la foi, l’humilité et l’amour ainsi que les naissances du mois de Juin (à l’instar de la Pierre de Lune) et le 30ème anniversaire de mariage.

Les plus connues

La perle Hope

Cette perle est une des plus grandes perles baroques au monde avec un poids de 425 carats (ou 1700 grains). Elle mesure 87 par 42 par 28 millimètres.
Montée en pendentif et surmontée d’une petite couronne, elle appartenait au célèbre banquier Henry Philip Hope, également propriétaire du diamant Bleu Hope. La perle appartiendrait aujourd’hui à un collectionneur de Dubaï.

La perle Régente

Achetée par Napoléon Ier en 1811, elle a la taille d'un œuf de pigeon et fut la plus grosse perle connue en Europe à l’époque.
Appartenant aux joyaux de la Couronne de France, la perle a été la propriété de plusieurs reines et impératrices successive avant d’être vendue à la noblesse russe qui la détient toujours.

La perle Peregrina

Découverte vers le milieu du XVIème siècle par un esclave africain dans le Golfe de Panama, elle fut nommée d’après le mot espagnol « Peregrina », soit « pèlerine » ou encore « vagabonde ».
En forme de poire à la symétrie parfaite et d’un poids de 55,95 carats, la perle a appartenu, entre autres, à Marie Tudor, à la Reine Victoria ou encore à Napoléon III.
Montée sur un collier de rubis, diamants et perles de Cartier, elle fut plus récemment offerte par Richard Burton à Liz Taylor en 1969. Ce collier fut adjugé pour 11,84 millions de dollar lors d’une mise aux enchères chez Christie’s en 2011, un record pour un bijou avec une perle.

La Reine des Perles

Achetée en 1669 par Louis XIV, il s’agirait, selon les écrits, de la plus belle des perles.
Cependant, on a perdu la trace de cette perle après la Révolution Française avec la vente des biens nationaux de la Couronne. Cependant, si elle figure bien sur les inventaires de la vente, il est possible qu’elle ait été volée en 1792.
Une perle lui ressemblant fortement est aujourd’hui exposée au musée de Moscou.

Entretien

La perle est fragile et peut « vieillir » dans le temps. EN effet, la durée de vie d’une perle est estimée entre cent et cent cinquante ans avant qu’elle ne devienne terne, se fendille puis se délite.
Il est possible de maintenir la beauté de la perle en évitant de l’exposer à de fortes sécheresses ou à des excès d’humidité. De plus, les acides, la transpiration, les cosmétiques, les parfums ou encore la laque attaquent la perle et peuvent l’endommager.
Les perles se rayant facilement, il faut en outre faire attention à ce qu’elles n’entrent pas en contact avec d’autres gemmes ou encore des métaux, que ce soit lorsqu’elles sont portées ou rangées.
Enfin, il est fortement déconseillé de nettoyer sa perle aux ultrasons comme à la vapeur.